Pourquoi je ne fais plus de pub pour mes livres
Aujourd’hui, j’ai pris une décision que beaucoup jugeraient étrange, voire suicidaire pour un éditeur : je ne fais plus la promotion de mes livres. Pas de campagnes sponsorisées, pas de vidéos YouTube, pas d’influenceurs en train de feuilleter mes pages avec des voix doucereuses. Rien. Et ce n’est pas un caprice. C’est une conclusion rationnelle, presque mathématique.
Première raison : les livres, ce n’est pas sexy.
Il faut le dire clairement. Le livre, en tant qu’objet, ne fait plus rêver. C’est un peu comme le tricot : on aura beau injecter des millions pour dire que c’est "trop stylé", si le public s’en fout, il s’en fout. On vit dans un monde saturé de vidéos éclatantes, de contenus rapides, de dopamine instantanée. Alors oui, moi je peux dire que mes livres sont magnifiques, profonds, originaux, essentiels même. Mais soyons honnêtes : ça ne suffira pas. Parce que le livre n’est plus un objet de désir dans l’imaginaire collectif. Il est devenu banal. Presque invisible.
Deuxième raison : le livre est déjà dans les mœurs.
C’est un produit d’usage. Les gens en achètent parce qu’il faut en acheter : pour l’école, pour offrir un truc à un enfant, pour ne pas venir les mains vides à un anniversaire. Pas pour la beauté du récit ou la magie d’un personnage. Ce qui compte, ce n’est pas la pub. Ce qui compte, c’est que le livre soit là, sous leurs yeux, au bon moment, au bon endroit. Point.
Et c’est exactement pour ça que je ne perds plus de temps à faire du bruit autour de mes livres. À la place, je les multiplie. Je passe à dix titres, bientôt plus. Et je les rends accessibles partout où les enfants et les parents peuvent les croiser : écoles, librairies, supermarchés, coins lecture, bibliothèques. C’est une stratégie de présence, pas de persuasion.
Je n’ai plus envie de convaincre. Je préfère exister. En masse. Silencieusement. Efficacement.
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