mardi 10 mars 2026

Vitesse ou précipitation : mon véritable combat

 

Je réalise que l’un des problèmes les plus persistants dans ma vie est ce sentiment d’urgence permanent. Comme si tout devait toujours être fait vite. Vite et bien. Toujours vite et bien.

Pendant longtemps, j’ai justifié cette manière de fonctionner. Je me disais que c’était de l’efficacité, de la performance, une manière de ne pas perdre de temps. Mais avec le recul, je comprends que ce n’était pas vraiment cela.

En réalité, j’ai souvent confondu vitesse et précipitation.

La vitesse peut être une qualité. Elle vient de la maîtrise, de la clarté, de l’expérience. Elle est fluide.

La précipitation, elle, vient de la peur :
la peur de l’échec, la peur de paraître médiocre, la peur de ne pas être à la hauteur.

Et c’est cette peur qui m’a souvent poussé à vouloir faire trop vite.

Dans mon travail par exemple, mes erreurs ne viennent pas d’un manque d’intelligence ou de compétence. Elles viennent souvent d’une autre chose : la négligence née de la précipitation. Vouloir aller trop vite, chercher des raccourcis, livrer rapidement, au lieu de simplement prendre le temps de bien faire.

Pourtant, je sais que lorsque je prends ce temps, les choses sont meilleures. Plus solides. Plus justes.

C’est la même chose pour mes projets. Par exemple les livres. Rien ne m’oblige à me précipiter. Je peux simplement décider de revenir vers Alvin dans deux semaines, de me donner le temps de terminer les livres avant de payer. Si lui est pressé, c’est normal : c’est son métier. Mais je ne dois pas transformer cette pression en urgence intérieure.

Tout ne dépend pas de moi, et tout n’a pas besoin d’être fait dans l’instant.

Au fond, ce combat est aussi spirituel.

Il consiste à faire confiance à Allah.
Faire confiance à la manière dont Il m’a créé.
À mon intelligence.
À mon intuition.
À mon rythme.

Je n’ai pas besoin de toujours vouloir faire plus, plus vite, mieux que tout le monde. Je n’ai pas besoin d’être le premier ou de surperformer en permanence.

Je peux simplement faire les choses bien, à ma vitesse.

Et si cela ne suffit pas à certains, tant pis.

Je ne veux plus sacrifier la qualité de mon travail, ni la justesse de ce que je fais, au nom d’une vitesse artificielle.

Même si cela crée parfois de la peur ou du stress, il est temps pour moi d’apprendre une chose simple :

aller vite n’est pas le problème.
Se précipiter, oui.

Et désormais, je veux choisir la maîtrise plutôt que la précipitation.

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