J’ai fait un choix définitif et irrévocable : le Sénégal est mon pays africain. Je l’assume pleinement, quelles qu’en soient les conséquences pour ma relation avec le Cameroun.
Je me sens libre. Libre de choisir, libre de ne pas “me faire une raison”. Même si je ne possède pas un seul millimètre de terre au Cameroun, ni business, ni patrimoine, ce n’est pas un problème. Et si un jour mes enfants me le reprochaient, je l’assumerais tranquillement. J’ai choisi mes combats — lucidement — parce que je sais ce que je peux porter et ce que je dois laisser.
Joël, mon meilleur ami, illustre une réalité différente. Il est pleinement à l’aise avec le fait d’avoir dû se séparer ; il dit même que c’est lui qui a décidé de divorcer. Pourtant, à l’origine, c’est sa femme qui a demandé la séparation, il y a plus d’une dizaine d’années, et il ne l’avait pas anticipée. Dans ce sens, même s’il assume, il a subi un événement qu’il n’avait pas choisi. Je vois ces vies-là, ces chocs-là, et je mesure ma chance de pouvoir décider — et d’assumer mes décisions.
Au Cameroun, l’essentiel pour moi est simple et clair : mes parents d’abord. Prendre soin de mon père et de ma mère, qui sont âgés, c’est tout ce qui compte. Ensuite, vient mon ami d’enfance, Ayissi, que j’aime comme un frère, et ses enfants. Tout le reste n’a pas de sens. Voilà mon Cameroun : ces personnes concrètes, ces visages précis, ceux envers qui j’ai une dette morale et à qui je veux donner le meilleur de moi-même.
Le Sénégal m’habite depuis si longtemps que je le choisis pleinement comme pays. Plus j’y vis, mieux je me sens. Et si Allah me prête vie, c’est là que je passerai le plus clair de mon temps. Inchallah.
Quant à la France, c’est un long au revoir. Je suis en reconversion, et j’ai besoin de temps pour que mes filles grandissent et se construisent. La France me permet aujourd’hui de leur offrir une éducation que je ne pourrais pas financer si nous vivions au Sénégal, et pour cela je rends grâce à Allah. Tant que je peux leur donner le meilleur possible ici, je le ferai — puis je partirai sereinement.
Enfin, il y a ces démarches administratives où j’ai fait tout ce que je pouvais : certaines choses ont abouti (comme l’acte de naissance camerounais de ma fille aînée, que je prends comme un signe voulu par Dieu), d’autres non. Ce n’est pas grave. À un moment, on accepte, on avance — libre.
Et au bout du compte, si je ne possède rien — ni terre, ni entreprise, ni “preuves” visibles — je n’aurai aucun regret. Parce que l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est d’honorer mes parents, d’aimer les miens, de tenir mes choix et de vivre, par la grâce d’Allah, une belle vie. Alhamdoulilah.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire