samedi 31 janvier 2026

Le triple effet kiss cool

 Pourquoi écrire le ghomálá’ en alphabet arabe est une excellente idée

Je commence à comprendre quelque chose d’important sur ma manière de créer : certaines idées, volontairement un peu décalées, jouent un rôle de diversion.

Écrire le ghomálá’ en alphabet arabe fait partie de celles-là.

La première raison est simple : ça détourne l’attention.

Des idées qui paraissent farfelues donnent l’impression que je ne produis que des idées farfelues — et ce n’est pas plus mal. Pendant que certains sourient, lèvent un sourcil ou rangent ça dans la catégorie de l’excentricité, je peux avancer tranquillement sur des choses beaucoup plus sérieuses, plus structurantes, sans être immédiatement exposé. Cette forme de camouflage créatif m’offre une vraie liberté.

La deuxième raison est profondément personnelle.

Ce projet m’oblige — et surtout me donne envie — de continuer à apprendre l’arabe avec passion. Pas de manière scolaire ou contrainte, mais dans le mouvement, dans le plaisir, presque dans le jeu. Bien sûr, l’arabe est la langue du Coran, et cela restera toujours central. Mais il y a autre chose : une utilité culturelle directe.

Relier l’arabe à ma culture bamiléké, à ma langue, au ghomálá’, c’est créer un pont vivant entre des mondes que l’on a trop souvent séparés. Et ça, pour moi, c’est vraiment, vraiment, vraiment important.

La troisième raison est peut-être la plus subtile, mais aussi la plus stratégique.

Ce projet n’est pas religieux.

Contrairement à beaucoup de mes autres créations, je ne touche pas ici frontalement au champ religieux. Je ne fais pas de théologie, je ne propose pas de lecture spirituelle, je ne revendique rien. Je dis simplement : j’écris le ghomálá’ avec un alphabet arabe. Point.

Il n’y a pas, immédiatement, cette dimension religieuse qui surgit, qui crispe, qui déclenche des réactions défensives ou des malentendus. Et je trouve cela extrêmement pertinent.

Au fond, ce projet coche plusieurs cases à la fois :

il protège, il nourrit, il relie, et il avance sans bruit.

Et parfois, avancer sans bruit, c’est exactement ce qu’il faut.

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