J’ai trois prénoms. Et chacun reflète une posture, un rapport particulier à mon histoire.
Il y a Jules. C’est le prénom qu’on m’a donné à ma naissance.
Je suis né dans une famille chrétienne, et comme beaucoup, j’ai été baptisé sans avoir le choix.
Jules est le prénom de mon enfance, de mon éducation, de mes débuts dans la vie.
Je ne le rejette pas : il appartient à mon passé, tout simplement.
Je suis totalement en paix avec ce passé.
Mais aujourd’hui, je ne l’affiche plus, je ne le porte plus.
Cela dit, ma famille, mes parents, mes amis continuent de l’utiliser, en majorité,
et je n’ai aucun problème avec cela.
Pour moi, Jules est juste le souvenir d’un moi passé, une trace tranquille,
ni plus, ni moins.
Il y a ensuite Souleymane.
C’est un prénom que j’ai choisi lors de ma conversion à l’islam.
Je l’aime, je le porte, je m’y sens bien.
C’est un prénom en harmonie avec ma foi.
Je n’ai pas besoin de le mettre en avant, ni de le revendiquer.
Je le vis, simplement, comme je vis ma religion : avec paix et cohérence.
Et enfin, il y a Kamga. Mon prénom bamiléké, donné dès la naissance.
Celui-là, je l’assume pleinement, je le porte avec fierté, je l’affiche sans détour.
Pourquoi ?
Parce qu’il est pleinement cohérent avec ce que je construis :
Kam Éditions, Kam l’Enchanteur, Mama Tinga Tinga…
Tout cela est né d’un imaginaire africain enraciné, que Kamga incarne parfaitement.
C’est pour cela que je signe aujourd’hui Kamga.
Parce que c’est le prénom qui fait le lien entre mon histoire, ma vision et mes créations.
J’ai trois prénoms.
Trois étapes.
Et une seule trajectoire : vivre en cohérence avec qui je suis devenu.
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