samedi 8 août 2026

Pensées du 7 août 2026


P1 — La pauvreté matérielle est une violence

Je réalise que la pauvreté matérielle causée par le manque d’argent est l’une des violences sociales les plus brutales et les plus sournoises.

Je comprends mieux pourquoi certaines personnes peuvent être poussées à faire des choses immorales pour gagner de l’argent, voire à risquer leur propre vie. Le manque matériel peut exercer une pression immense sur un être humain et réduire considérablement sa liberté de choix.

Ce constat est désormais très clair pour moi et il me remplit de gratitude envers Allah pour tous les bienfaits dont Il me comble à chaque instant. Ce que je possède, la sécurité et le confort dont je bénéficie ne sont pas des choses que je veux considérer comme acquises.

Mais cette prise de conscience m’impose aussi une responsabilité : faire bon usage de ce qu’Allah m’accorde. L’objectif ne peut pas être simplement d’accumuler toujours davantage pour le plaisir de posséder, alors que des personnes autour de moi peuvent avoir réellement besoin d’une partie de ce que j’ai.

Je veux donc garder ensemble ces deux choses : la gratitude pour ce que je possède et la responsabilité dans la manière dont je l’utilise.


P2 — Entreprendre est difficile, quel que soit le business

Je réalise que le problème n’est peut-être pas fondamentalement que mon business serait peu rentable parce que les Africains ne lisent pas beaucoup, comme on l’entend souvent. La réalité est peut-être beaucoup plus simple : faire du business est difficile, tout simplement.

Du vendeur à la sauvette à la grande multinationale, créer une activité, la maintenir dans le temps et, plus encore, réussir à en tirer un revenu stable est extrêmement difficile. Il faut trouver des clients, vendre, encaisser, gérer les coûts, les personnes, les imprévus et recommencer continuellement.

Je comprends mieux pourquoi le niveau de vie de beaucoup d’entrepreneurs finit par s’adapter à ce que leur entreprise peut réellement leur rapporter, et non l’inverse. On ne peut pas simplement décider du revenu dont on souhaite disposer et demander ensuite à son entreprise de le produire.

Cela me fait également réfléchir au temps nécessaire pour construire quelque chose de véritablement solide. Les entreprises qui traversent durablement les décennies sont rarement l’œuvre d’une seule vie : leur consolidation peut s’étendre sur deux générations ou davantage.

Cette réflexion change mon regard sur KAM Éditions. Ses difficultés ne signifient pas nécessairement que le modèle est mauvais ou que le marché est impossible. Entreprendre en soi est difficile, quel que soit le secteur. Construire une entreprise stable demande du temps, de la persévérance et souvent bien plus qu’une seule génération.


P3 — L’envie de fuir le réel

Je réalise que prendre conscience que la vie devient plus compliquée avec le temps, et non plus simple, fait naître chez moi une envie impulsive de m’évader.

Le temps passe, les responsabilités s’accumulent et certaines réalités deviennent plus lourdes. Face à cette pesanteur, j’ai instinctivement envie de trouver quelque chose qui me permette, ne serait-ce qu’un instant, d’oublier le réel.

Acheter un abonnement à un nouvel outil d’IA, acheter une nouvelle tablette e-ink, créer une nouvelle marque, inventer un nouveau concept, me passionner soudainement pour une nouvelle idée… tout cela EST une forme de fuite pour moi. La nouveauté m’enthousiasme, occupe mon esprit, m’anesthésie momentanément et me permet d’échapper à la dureté de certaines réalités.

Je comprends donc que ces nouvelles envies sont aussi ma manière impulsive et instinctive de fuir le réel, ne serait-ce qu’un instant, et d’échapper à la pesanteur du temps qui passe et des responsabilités qui s’accumulent.

Le reconnaître est essentiel. Cela me permet de voir ces mécanismes pour ce qu’ils sont et de ne plus confondre systématiquement une envie de fuite avec une nouvelle priorité dans ma vie.


P4 — Faire du livre un produit de grande consommation

Je veux faire du livre un véritable produit de grande consommation.

Pour moi, on devrait pouvoir acheter des livres régulièrement et naturellement, comme on achète des couches pour ses enfants ou des céréales pour leur petit-déjeuner. Le livre ne devrait pas être considéré comme un objet exceptionnel, précieux au point de n’être acheté qu’occasionnellement.

La lecture répond à un besoin humain fondamental : elle nourrit le cerveau, développe l’intellect, l’imagination, le langage et la compréhension du monde. Si nous considérons comme essentiels les produits qui nourrissent le corps de nos enfants, nous devrions également considérer comme essentiels ceux qui nourrissent leur esprit.

C’est cette vision que je veux porter : désacraliser l’objet livre pour mieux sacraliser la lecture. Faire en sorte que le livre devienne un produit du quotidien, accessible, visible et acheté aussi naturellement que les autres produits destinés aux enfants.

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