dimanche 9 août 2026

Pensées du samedi 8 août 2026

 

P1 — Comprendre ce que le grand âge change chez mon père

Je réalise que l’esprit de mon père s’est, d’une certaine manière, fossilisé avec l’âge. À bientôt 80 ans, je comprends qu’il ne fait pas nécessairement « exprès » d’agir comme il le fait.

Quelles que soient ses intentions profondes, je perçois désormais dans certaines de ses attitudes quelque chose d’automatique, d’impulsif et parfois d’inconséquent. Certaines manières de penser et de réagir semblent tellement installées qu’elles fonctionnent presque d’elles-mêmes.

Cela ne signifie pas que je le dédouane de ses actes ni que je dois tout accepter. Comprendre n’est pas excuser. Je cherche simplement à intégrer le grand âge comme l’un des éléments qui peuvent expliquer sa manière actuelle de fonctionner.

Cette compréhension peut m’aider à moins attendre de lui certains changements, et à regarder certaines de ses réactions avec davantage de recul.


P2 — Interroger les habitudes dont j’ignore l’origine

Je prends conscience que toute habitude que j’observe chez moi sans pouvoir en identifier clairement l’origine mérite mon attention et ma curiosité.

Je pense que beaucoup de ces comportements se construisent très tôt, par observation, imitation et répétition, parfois de manière totalement inconsciente. On peut ainsi conserver pendant des années des réflexes dont on ne sait même plus pourquoi ils existent.

Je veux donc apprendre à les regarder froidement, sans les considérer comme naturels ou évidents simplement parce qu’ils sont anciens. Une habitude n’est pas forcément pertinente parce qu’elle est profondément installée.

Mon objectif est de me demander : d’où vient-elle ? À quoi me sert-elle aujourd’hui ? Est-elle encore utile, cohérente et bénéfique ? Et si ce n’est pas le cas, je dois me donner le droit de la modifier ou de l’abandonner.


P3 — Une lucidité nouvelle : le Cameroun et le Sénégal

Je réalise que ce voyage m’a apporté une lucidité nouvelle. Elle possède deux faces : mon rapport au Cameroun d’un côté, et mon rapport au Sénégal de l’autre.

Côté Cameroun, plus de regrets, plus de frustrations. J’ai sincèrement tout essayé et beaucoup donné pendant près de vingt ans. Je n’ai plus à me demander ce que j’aurais pu faire de plus. J’ai fait ma part, et cela suffit amplement.

Côté Sénégal, cette même lucidité signifie la fin des projets irréalistes et une volonté de construire quelque chose de beaucoup plus concret, patient et ancré dans les réalités du terrain. Mais elle signifie aussi une volonté sincère d’embrasser pleinement l’identité sénégalaise, sans limite.

C’est finalement la même lucidité des deux côtés : accepter ce qui n’a pas fonctionné au Cameroun sans continuer à lutter contre le réel, et construire au Sénégal sans fantasmer le réel.


P4 — Je n’ai pas à tout réparer

Je réalise que je n’ai pas à tout réparer, je ne veux pas tout réparer et je ne dois pas tout réparer. Cette tendance à vouloir intervenir, trouver des solutions et arranger les situations porte peut-être en elle quelque chose d’un « syndrome du personnage principal ».

Je n’ai pas à réparer les difficultés entre mon père et mes aînés. Je peux prier Allah de permettre leur résolution, car certaines choses ne sont tout simplement pas entre mes mains. Mon rôle peut se limiter à être présent, à écouter et à rester attentif, sans systématiquement chercher une solution.

De la même manière, je n’ai pas à « sauver » mon père de ses propres erreurs. Comme chacun d’entre nous, il fait ses choix et doit aussi en assumer les conséquences.

Je peux et je dois l’écouter et l’accompagner du mieux que je peux, sans me donner une responsabilité qui n’est pas la mienne, et en priant Allah de me donner la force nécessaire.

Accompagner n’est pas réparer. Écouter n’est pas sauver. Et certaines difficultés doivent simplement être confiées à Allah.


P5 — Donner une base économique concrète à l’installation de mon épouse au Sénégal

Je réalise que l’installation de mon épouse au Sénégal en 2028 ne doit pas être pensée uniquement autour de l’encadrement des filles. Elle peut également avoir une véritable dimension économique et patrimoniale.

Elle pourra notamment prendre en charge la gestion locative de notre villa au Lac Rose, ainsi que la supervision de la finalisation de notre appartement à Dakar. Cela lui donnera des activités concrètes sur place tout en permettant de gérer directement notre patrimoine immobilier.

Lorsqu’elle viendra me rendre visite à Paris, elle pourra également profiter de ses déplacements entre Dakar et Paris pour exercer ponctuellement une activité de GP, facilitée notamment par le fait que sa grande sœur travaille à l’aéroport. Cela pourrait constituer un revenu complémentaire tout en nous permettant de continuer à nous voir régulièrement, incha’Allah.

À plus long terme, l’idée est surtout que la villa et l’appartement deviennent la base à partir de laquelle elle pourra continuer à développer notre activité et notre patrimoine immobilier. Une fois ces deux actifs consolidés, nous pourrons envisager d’autres opérations, éventuellement en utilisant l’un des biens comme garantie si cela est pertinent.

2028 ne serait donc pas seulement son installation au Sénégal : ce serait aussi le début d’une nouvelle phase de construction patrimoniale.

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